414*  posté le mercredi 23 janvier 2008 22:00

 

Ils s'installèrent au bar - ce même bar où Evie avait si froidement

repoussé ses avances presque trois mois plus tôt, ne put s'empêcher

de remarquer Joanna - et Brian commanda pour eux deux Dry Martini.

 

- Alors... si tu me racontais ta semaine ? fit-il, ses yeux marron

 plus sombres et plus séduisants que jamais.

 

Mais qui donc était cet homme ?!

Sans scrupules, sans remords... sans principes.

Séducteur en diable. Même Josh, à sa rencontre avec Evie, avait insisté

 pour que la jeune femme consomme de l'alcool léger plutôt que les lourdes

boissons dans ses verres qu'elle enchainait alors les uns après les autres.

 

- Plutôt barbante, si tu veux savoir... lui répondit-elle, jouant

les filles blasées et pressées de se détendre.

 

 

Ce soir, elle se sentait belle. Il était beau.

Bon sang, oui, il était beau !

Au diable sa petite-amie...

Elle avait juste besoin de détente. c'était cela. D'une pause.

D'un arrêt sur image au cours de sa vie si insipide.

Elle reprendrait le fardeau demain.

Mais ce soir... s'amuser était sa priorité.

Après tout, quand on s'amuse...

Il n'y a pas de danger.

N'est-ce pas ?

N'est-ce pas...

 

 

lien permanent

415*  posté le mercredi 23 janvier 2008 22:18

 

A des centaines de kilomètres de là, à Miami, en Floride...

 

 Evan Lokclair était en plein coup de fil d'affaires.

Comme tout mafieux qui se respecte, évidemment...

Et Josh Miller avait tendance à se montrer agaçant ces derniers

temps : trop arrogant, trop sûr de lui... et le problème, c'est

qu'effectivement, il avait de bonnes raisons de l'être.

Ce mec de vingt-quatre ans...

Lui qui en avait dix de plus que lui !

Il le menait pas le bout du nez... et c'était mauvais. Josh avait toujours

 aimé la compétition, ayant des prédispositions naturelles à la victoire, d'un

 charisme fou et étant impitoyable tout en restant sympathique à tous.

Et avec une fille qu'il déclarait aimer, à présent, en plus de ça ! Comme

 si les mariages d'amour existaient... comme si l'amour

existait pour des gens comme eux.

 

 

Sa femme, Lindsay, demeurait inerte sur le tapis à ses côtés, à

attendre qu'il ai terminé sa conversation téléphonique.

On aurait dit qu'elle était morte.

Sans vie. Juste animée par le désir du pouvoir.

 

- Oui... soupira-t-il mécaniquement. Arrange ça, il est

hors de question d'attendre jeudi.

- Viens t'asseoir à côté de moi... geignit Lindsay.

- Tu te démerdes. J't'en pose, des questions, ducon ? Non. Non non,

 tu laisses Miller et compagnie en dehors de ça, il va encore

me niquer tout sinon. Ca ira pour une fois.

 

Lindsay émit une plainte qui lui donna envie de constater que son

corps n'était effectivement pas en vie, comme il le paraissait.

Elle était tellement futile... tellement niaise.

Tellement elle.

 

 

lien permanent

416*  posté le jeudi 24 janvier 2008 14:52

 

- Petit salaud... souffla Lindsay, bien trop bas pour qu'Evan

 puisse l'entendre; s'il l'avait pu, elle savait pertinemment

qu'elle l'aurait payé très cher.

 

Blasée, elle s'adossa contre le grand pot où l'arbre commençait déjà à périr.

Il ne lui parlait plus. Ne le baisait plus.

Ne la voyait plus.

La seule période de leur vie où il avait fait un tant soit peu attention à elle,

c'était durant ces moments de cour qui précèdent l'engagement, puis le mariage.

Accaparé par son boulot. Et l'argent qu'il lui avait généreusement offert pour se

faire mettre des prothèses dans la poitrine ne servait même pas à l'attirer.

Elle lui plaisait à peine... elle savait qu'il la trompait avec Audrey, la rouquine.

Et combien d'autres comme ça ? La folle qui s'était faite passer pour une

 tueuse à gages mais qui était en fait agent de la CIA, Evelyne machin

chose ? La nouvelle groupie de Josh Miller... oui, elle se rappelait que

même sous sa perruque rousse, la jeune femme

 faisait très attention à Josh.

Josh... il était tellement parfait, lui.

 

 

Lindsay se leva pour monter à l'étage, dans l'intention de

 faire comprendre à Evan qu'il la mettait hors d'elle.

 

Mais Evan Lokclair, qui avait déjà la remarqué la rage intérieure de sa conjointe

depuis bien longtemps, alla vers elle, se faisant violence pour s'empêcher de

 soupirer en la fusillant du regard, et fit la concession de la prendre dans

 ses bras, caressant mécaniquement le bas de son dos.

Elle aimait être touchée. Il le savait.

 

- Quand vas-tu raccrocher, à la fin... dit-elle avec lassitude, se

maîtrisant pour ne pas adopter un ton trop nasillard.

 

Voilà ce qu'ils étaient.

Un couple de menteurs.

Ils essayaient de se plaire l'un à l'autre.

Il contrôlait sa violence.

Elle contrôlait ses mots.

lien permanent

417*  posté le jeudi 24 janvier 2008 15:09

 

/!\ Gestes un peu durs...

 

Se laissant gagner par l'impatience et ne supportant plus cette conversation

 qui trainait décidément en longueur, Lindsay prit l'initiative de se

mettre à genoux, au pieds d'Evan, et de commencer à lui

déboutonner son pantalon de lin blanc.

Le coeur battant plus vite qu'il ne l'aurait dû, elle saisit les

 extrémités de son boxer entre ses longs doigts fins et les fit descendre,

 révélant une verge au repos. Même la déception qu'il ne bande pas n'était

 plus une surprise, maintenant. Il fallait oujours qu'elle le stimule,

sauf quand elle était déjà nue.

Evan continuait son coup de fil comme si de rien n'était.

Il avait très bien senti les lèvres de Lindsay contre sa virilité, et percevait

très clairement, dans le maelström de ses sensations, les ongles

 de sa femme enfoncés dans sa chair, au niveau du bassin.

 

- Bon, Ern', je te rappelle plus tard, dit-il de sa voix glaciale, se sentant

 finalement d'humeur à tirer quelque amusement de Lindsay.

 

Il laissa le combiné tomber à terre, sur le tapis, et caressa les cheveux

 blonds or de sa femme, les tirant vers lui pour qu'elle enfonce

son pénis plus profondément dans sa bouche.

Le contact de ses longs ongles sur sa peau lui plaisait.

A travers son masochisme, il ressentait plus de jouissance.

 

- Tu es trop lente...  finit-il par soupirer, s'agenouillant à

ses côtés et la faisant se mettre à quatre pattes, se plaçant

derrière elle avec un regard mauvais. 

 

 

Evan s'empressa de lui baisser son jean tellement moulant qu'il en

 avait du mal à passer par en-dessous le postérieur, se révélant la ficelle

d'un string noir qu'il se contenta de repousser sur la côté, le coinçant

entre sa main droite et la peau de Lindsay.

Il fit entrer très rapidement son pénis dans le vagin de sa conjointe. Au-dessus,

la cavité de ses fesses le tentait tout autant, mais si elle avait envie de

prendre son pied, autant lui faire plaisir : la pauvre ne le trompait même pas.

 Enfin, si elle l'avait trompé, il l'aurait tuée, alors c'était mieux comme ça... il

 fallait bien qu'il la saute de temps en temps, quand même.

Soupirant de satisfaction, il plaça ses mains sur chaque hanche de

 la jeune femme, s'en assurant une bonne prise, et commença

alors à la pénétrer à un rythme précipité, comme il l'aimait.

 

 

L'esprit loin de cette mijaurée, il se surprit à penser

 aux avantageuses courbes d'Audrey.

 

Sa présence lui manquait quelque peu... elle avait passé la

semaine à New York, et était censée rentrer dans la nuit. Il irait

 la voir, bien évidemment.Après tout, c'était le sexe avec elle

qui lui manquait, plutôt qu'avec Lindsay.

 

Par volontaire égoïsme, il se concentra sur son propre plaisir et ne se dérangea 

pas pour s'appuyer de toutes ses forces contre le dos de sa femme, lui faisant

sentir son poids, afin d'en profiter le plus une fois qu'il sentirait le paroxysme 

de sa jouissance approcher, n'en faisant pas tarir l'intensité en se forçant

 à continuer ses mouvements de va-et-vient pour la simple convenance

 d'une femme vide d'essence vitale, longue à la détente.

 

Evan Lokclair vivait en dieu sur les Etats-Unis d'Amérique.

Et ce ne seraient ni Pete Doverty, ni Josh Miller qui l'en empêcheraient.

Il ferait toujours ce qui lui plaisait.

 

 

Suite dans la soirée, là je retourne en cours pour

 mon heure d'orientation !  ^___^ J'espère que cet

article ne vous a pas trop choqués...

lien permanent

418*  posté le vendredi 25 janvier 2008 12:05

 

Quelques heures plus tard...

 

Joanna, perplexe, fixait Brian, qui dormait dans son lit.

Elle s'était rhabillée en vitesse.

Pour ce faire, elle avait attendu, nerveuse, durant une petite heure, avant

 d'être sûre et certaine qu'il avait bel et bien plongé dans les bras de Morphée.

Alors, elle s'était extirpée du lit avec maintes précautions, et avait ré-enfilé

ses vêtements qu'il lui avait arrachés avant qu'ils ne passent

à l'acte, près de trois heures plus tôt.

 

... Est-ce que c'était normal si elle ne se

sentait ni sale ni impure ?

 

 

Ca faisait déjà quinze bonnes minutes qu'elle avait allumé la lampe

de son bureau, n'osant pas actionner les autres éclairages de

 la pièce de peur de le réveiller, et qu'elle attendait.

... Mais attendait quoi au juste ?

Elle n'en savait maheureusement rien. Elle attendait dans le vide.

Joanna Coperfield courait après un rêve inexistant.

Elle savait ieux que personne qu'elle n'avait strictement aucun

avenir avec Brian, et elle n'attendait rien de lui d'ailleurs.

Mais elle n'arrivait pas à se résigner à quitter cette pièce.

 

 

Brian lui rappelait la belle époque, celle où elle avait encore l'impression

 de savoir qui elle était. Couper les ponts avec lui aurait signifié

couper les ponts avec son passé, faire une croix sur sa véritable identité.

Non pas qu'il eût une importance de taille à ses yeux !

C'était juste... que c'était toujours dur de s'en aller sans regarder en arrière.

Le lendemain matin, il se réveillerait, et elle aurait disparu de sa vie.

Au fond, rien ne changeait. Mais elle avait

maintenant conscience de son vide affectif.

 

Mais comment savoir...

Si notre véritable identité est ce qu'on était avant,

ou le bazar d'émotions qu'on est maintenant ?

Si on a changé, c'est qu'on n'est plus la même personne...

Et en même temps, on était si bien avant ! Sûr de qui on était !

Alors c'était ça, notre véritable identité ?

Allez savoir...

 

lien permanent