419*  posté le vendredi 25 janvier 2008 12:28

 

Elle le regarda dormir un moment, assise sur un petit pouf placé contre le mur.

"Comme il a l'air paisible..." pensa-t-elle, déjà nostalgique de

 ce qu'il s'était passé à peine quqlues heures plus tôt.

Joanna était comme ça.

Très conservatrice. Très mélancolique. Très peureuse.

Peureuse du vide et surtout, de ce qui n'est pas encore arrivé.

 

En l'occurence, elle avait passé une très agréable soirée avec un homme, s'était

détendue avec lui au bar d'une boîte qu'elle affectionnait tout particulièrement, avait

 ri à ses blagues, frissonné au contact de sa main sur ses cuisses, gloussé

nerveusement à son invitation à passer boire un dernier verre chez lui, fait

semblant de ne pas comprendre quand il avait dit qu'il allait se changer de

chemise, et l'avait rejoint dans sa chambre alors qu'il enlevait celle qu'il portait.

Il s'était retourné vers elle en souriant, elle lui avait souri en retour et

 avait passé ses bras derrière sa tête. Ennivré par sa fraîcheur, il l'avait

embrassée et s'était empressé de la coucher sur le lit. Après s'être

déshabillés, ils avaient fait l'amour pendant deux heures. 

 

Quelquepart dans New York, la petite-amie de Brian dormait.

 

 

Alors, sans savoir pourquoi, Joanna se mit à pleurer.

A pleurer en silence.

Pour combler le vide des mots. Le vide des gestes.

Les larmes coulèrent sans qu'elle les ait vraiment prévues. Ca ne

faisait même pas mal... même pas dans le coeur.

Elle ne ressentait aucune envie de hoqueter, de hurler.

Juste de laisser couler ses larmes... ni heureuse ni malheureuse.

Dans cet appartement qu'elle ne connaissait pas, dans l'appartement

d'un type qu'en définitive elle ne connaissait pas.

Au milieu d'une vie qui n'était pas la sienne.

 

 

Avec pour seuls souvenirs des images qui n'appartenaient ni

à son passé, ni à son présent, ni à son futur.

N'importe quelle personne ayant vu les mêmes images

qu'elle l'aurait déclarée fiancée de Brian.

Mais elle ne l'était pas.

Elle l'avait volé.

Il n'était qu'un pion, un objet.

Et elle s'était emparé de cet objet sans en avoir le droit.

Sauf qu'aujourd'hui la petite fille ne jetait pas son jouet.

Elle se jetait elle-même.

Et le jouet... se nourissait de son essence vitale pour s'animer.

Le jouet vivrait loin d'elle.

Dans un monde suprêmement différent du sien.

 

 

lien permanent

420*  posté le vendredi 25 janvier 2008 13:03

 

La gorge nouée, Joanna le regarda en souriant.

 

- Tu sais Brian... je ne te l'ai jamais dit mais... tu es

 vraiment très beau, chuchota-t-elle tout bas.

 

Et c'était vrai. Il était encore plus beau quand il dormait.

On lui aurait volontiers prêté une personnalité angélique.

De plus, il ne ronflait pas ! Pas l'ombre d'un petit bruit désagréable !

Juste une petite respiration... douce et apaisante.

Le son de sa respiration fit sécher ses larmes.

 

 

Tout cela appartenait désormais à un passé qui lui était étranger.

Ce ne pouvait être son passé : après tout, Brian ne lui avait jamais appartenu.

C'était juste... un beau rêve.

 

Cause I'm waiting for tonight...

Then waiting for tommorrow...

And I'm somewhere in... between.

What is real ?

Just a Dream.

 

On dit que quand on souhaite très fort quelque chose,

 notre rêve finit toujours par se réaliser.

Ici, il n'y avait rien à souhaiter.

Parce qu'après tout, tout allait bien.

La vie de Joanna ne comportait aucun problème.

Et Brian était un homme comblé et heureux. Sûr de lui.

Elle n'avait pas à faire basculer son équilibre mental

à cause du sien, en dégradation.

 

 

Joanna rabattit très fort ses paupières.

Elle fut surprise de constater quelle quantité d'eau elle avait évacué. 

Un petit sourire triste aux lèvres, elle toisa Brian avec une certaine affection.

 

- Eh, tui sais quoi, Brian ? Je suis agent à la CIA... alors de

toute manière, ça n'aurait jamais pu marcher entre toi et moi.

 

Elle rit silencieusement à sa blague.

Brian dormait toujours à poings fermés, plus attendrissant que jamais.

 

- Elle en a bien de la chance, ta petite-amie.

Prends soin d'elle. Evite de croiser le chemin

 d'autres filles comme moi.

 

Le coeur léger dans sa lourdeur, elle se leva de son siège

et quitta la chambre, avant de quitter pour ne plus jamais

y remettre les pieds l'appartement de Brian.

 

lien permanent

421*  posté le vendredi 25 janvier 2008 19:55

 

"Je pars sans regrets..."

 

Et, en effet, des regrets, elle n'aurait pu en avoir.

Une telle relation n'aurait rien donné.

Ils avaient tous deux voulu la même chose, après tout, c'était ce

qu'on appelait communément "un coup d'un soir" ...

Sa conduite lui rappela celle de Josh, trois mois plus tôt.

Avait-il eu peur de tomber amoureux d'Evie ?

A en croire l'intéressée, oui.

Josh avait eu peur de s'attacher. Mais maintenant qu'il était pieds

et mains liés à sa belle, il était hors de question de la quitter.

 

 

Je pleure le vide,

Je pleure l'absence,

Je pleure l'abcès de mon silence...

 

Seule dans la nuit, seule en tenue affriolante, elle regagna son immeuble,

 monta rapidement les escaliers du perron, inséra les clefs dans la serrure,

pénétra dans le couloir de l'entrée avec un soupir de soulagement, ouvrit la

porte de son appartement, et regarda autour d'elle en se demandant qu'est-ce

 qui pouvait bien avoir changé. Haussant les épaules, elle finit par se

 rendre compte que strictement rien n'avait changé. Son "home sweet home"

 était le même que celui qu'elle avait quitté quelques heures plus tôt.

 

Eh, partez paaaas ! XD ^^

Il me reste 28 photos, la maj est à sa moitié

lien permanent

422*  posté le vendredi 25 janvier 2008 20:13


Votre plugin flash n�cessite une maj !cliquez ici

Blackmore's Night _ "Fires at Midnight"

 

 

~ Musique ~

"Fires at midnight" ==> Blackmore's Night

 

Sans plus s'inquiéter de sa toilette, elle s'alleongea sur son lit et se

 mit à réfléchir... à réfléchir à propos de thèmes qu'elle repoussait

 loin de sa conscience depuis trop longtemps déjà.

Il était temps de faire front.

Il était temps d'être courageuse.

 

I stood out here once before
With my head held in my hands
For all that I had known of this place
I could never understand…

 

 

Du côté d'Evie et Josh, tout allait si bien !

Ils partageaient un amour sincère fondé sur l'honnêté, la sincérité...

Sans compter qu'ils étaient profondément attirés l'un par l'autre. Que demander

de plus dans une vie de couple ? Rien, se dit Joanna. A la limite, que l'homme

ait une vie professionnelle moins en contradiction avec ses principes... mais

 des hommes comme cela, ça devait bien exister.

Quelquepart...

 

 

Tandis qu'elle, Joanna Coperfield, se morfondait sur son sort, Evelyne

Holkins et Josh Miller apprenaient à s'apprivoiser... et partageaient

de nouveaux jeux, impatients d'avoir des souvenirs communs.

La simple vision d'une manette de console deviendrait désormais pour

 eux une source de réflexion vis-à-vis de l'autre.

Même une télévision. Un canapé. Une expression

 d'amusement, fugitive, sur un visage.

 

- Je t'aurai ! s'exclama Evie, se moquant bien de sa voisine du dessus,

qui risquait de l'entendre crier à trois heures du matin.

- Tu fatigues, ma pauvre chérie, soupira Josh avec satisfaction. Même

 tes tentatives pour essayer de me déconcentrer étaient plus inventives, il y a

 encore trente minutes. Une bonne nuit de sommeil et tu seras de nouveau

 prête à m'accabler d'injures toutes plus puériles les unes que les autres... et

 moi, je pourrai te regarder avec compassion autant que je le voudrai.

- Mufle ! Fumier ! enragea-t-elle.

- On dirait que c'est une nouvelle partie que je gagne, mon coeur...

 

 

Evie le regarda avec yeux de merlan frit un instant, envisageant

 momentanément de baisser son top, sous lequel elle ne portait aucun

 sous-vêtement, pour attirer l'attention de Josh. Mais c'était une tricherie

vraiment basse, et puis son petit-ami semblait très impliqué dans le jeu.

De plus, elle était fatiguée, et les joies du plaisir charnel

ne seraient sans doute pas pour eux ce soir-là.

 

- Dis, j'ai droit à une récompense si je gagne ma dixième

partie d'affilée ? lui demanda Josh, détournant les yeux de l'écran

 l'espace de deux secondes pour lui adresser un regard enjôleur.

- Tais-toi et concentre-toi, sinon c'est moi qui vais gagner ! grogna Evie.

- Pas de risque, assura Josh en pouffant discrètement.

 

 

- Tu me mènes vraiment à la baguette... se plaignit Evie, le regard boudeur.

 

Assez mauvaise perdante, en particulier devant un homme pour lequel

 elle nourrissait de très tendres et sentiments et avec lequel elle

entretenait de très étroits rapports, ce nouvel échec la taraudait.

Mais elle comprit que lui aurait eu encore plus mal dans

sa fierté s'il avait perdu à sa place.

 

- Roh... tu es bonne à aller te coucher, toi ! Promis demain je

 trouverai d'autres occasions de te torturer l'esprit !

 

 

I wished on the seven sisters
Bring to me wisdom of age
All that's locked within the book of secrets
I longed for the knowledge of a sage…

 

 

lien permanent

423*  posté le vendredi 25 janvier 2008 20:54

 

Parfois on se dit que notre vie est vide.

Parfois on se dit que le monde est vide.

Et parfois on est tout simplement aveugle.

 

Ayant l'impression d'être rejeté de tous, on ne se rend pas compte

 qu'ils nous tendent les bras, et que c'est nous, avec notre maudite fierté,

qui les rabaissons plus bas qu'ils ne sont... qui nous croyons supérieurs

 en nous disant qu'avec les autres, on perd notre temps.

 

Ou bien, parfois, les autres nous font peur.

On s'auto-rabaisse, on se fait du mal, on se crée une névrose, puis

 une véritable psychose... on ne connait plus rien de notre véritable identité.

On dénigre celui qu'on a été avant, car on n'est plus le même, et on a

 des regrets... on n'assume plus rien, on ne contrôle plus rien.

 

Alors on reste avec cette cavité émotionelle.

Pour combler le vide, on se force à souffrir.

Et on attend très, très longtemps avant que la

 lumière ne pointe au bout du tunnel.

 

 

On s'enferme.

On ne parle plus.

On ne décroche plus le téléphone quand il sonne.

On laisse notre téléphone portable sur répondeur, ou bien on le jette,

 ou bien on n'en a tout simplement jamais eu et on en est bien content : il

ne manquerait plus que des gêneurs viennent blinder notre messagerie !

De toute manière, leurs messages, on n'a pas envie de les entendre...

 

On se lave quand il le faut.

On mange parce qu'on a faim.

On décolle de son lit ou de son siège quand on

 a envie de se rendre aux toilettes.

Une fois qu'on est de retour dans notre sombre - et pourtant

 si sûr - espace, on a l'étrange impression que notre virée en

dehors de notre tour d'ivoire a duré des siècles.

 

On perd toute notion du temps.

 

 

Il y en a qui sont vraiment seuls.

Parce qu'ils ont la quarantaine.

Ils ont passé leur vie à rejeter les autres.

Ils ne supportent plus le contact humain.

Tout les dégoûte.

Ils n'ont plus foi en rien.

Ils ont cessé de vivre depuis longtemps.

Leur existence ne se résume qu'à deux choses : faire souffrir

 son rare entourage, et se faire souffrir soi-même.

 

Parce qu'on ne s'en rend pas forcément compe, mais

dès qu'on prend conscience qu'on est malheureux, on passe

notre temps à se faire du mal.

 

 

Et puis, dans le cas de Pete Doverty, faire souffrir les autres

devient tellement une habitude qu'on finit par

en avoir besoin pour survivre.

Un jour, comme la coke, on a envie d'une plus forte dose.

Alors on se croit le maître du monde.

Et là, on tue tous ceux qui nous importunent.

 

On en oublie que nos victimes ont une vie.

On n'est plus qu'une coquille vide, on ne sait même plus ce

que signifie ce si beau verbe :

"Vivre..."

Alors on s'imagine que pour les autres c'est pareil.

On n'a plus foi en rien...

A part en notre souffrance, cette amie qui nous

 tient chaud le soir sous la couette.

 

 

While on the hills
The fires burned at midnight
Superstition plagued the air
Sparks fly as the fires burned at midnight
Stars are out and magic is here
The stars are out and the magic is here…
Many stars were forgotten
Many faded and became ghosts
Still my sisters glittered down from heaven
Always there when I needed them most…

 

Après tout,

On vit bien, en sadique.

... Non ?

Jusqu'à ce qu'on en crève...

 

lien permanent