
Evie, tout de même rassurée par l'appartition des deux jeunes femmes,
et contente d'entendre Bess pérorer, à son habitude, accorda à l'assistance
un petit sourire intimidé, et plaça ses mains sur ses hanches, adoptant une
position à la fois réservée et pleine d'assurance, comme pour se
protéger de ceux qui chercheraient à l'attaquer...
... ce qui était remarquablement stupide, d'ailleurs :
Qui donc aurait cherché à l'attaquer ?
Elle se trouvait ici en compagnie d'amis proches de Josh...
Elle aurait dû être ravie, s'amuser, se sentir en confiance. Or, il y avait
toujours quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Oui, c'était cela : Evie avait
peur de l'inconnu, du noir, de l'infini, de la mort, de l'endroit où s'arrêtait le savoir,
la sûreté. Elle avait peur de la peur en elle-même. Elle avait peur de perdre
sa confiance en elle, et de s'en trouver réduite à n'être qu'un
objet traîné par le vestige de son amour, qui savait
comment elle était, pleine de vie, jadis.
Peur de se retrouver confrontée à un problème sans résolution...
Fuir. Parfois. Ou s'enfermer. S'isoler.
Regarder les autres avec une espèce d'incrédulité, se dire "Merde, je
suis vraiment tombée aussi bas ? Est-ce que la vie me dégoûte à ce point ?
Je me fais horreur..." . se sentir d'une importance minime en comparaison
aux gens qu'on aime... voire ne plus en aimer du tout.
Mais l'amour...
...on ne pouvait pas s'en débarasser.
L'amitié...
... une putain de poudre qui s'envole au bout de deux ans.
Quand on n'est pas capable de garder une amie plus de deux ans.
Et qu'on ne fait confiance à personne.
Y'a qu'à s'avouer vaincue.
Fort heureusement... dans les quatre ans à venir, Evie n'allait pas
commettre toutes ces erreurs... d moins, pas toutes.











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